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Compétences de recherche de Montpellier et du Languedoc-Roussillon

dans le domaine des agricultures familiales

Mots-clés : Afrique, Kenya, semences, ressource génétique, diversité des espèces cultivées, agrobiodiversité, génétique des populations

La gestion intergénérationnelle des semences au Kenya

1. Dynamiques économiques, organisationnelles et sociales

1. Dynamiques économiques, organisationnelles et sociales

Groupes de résidences patrilocales sur le versant du Mont Kenya

La connaissance des facteurs structurant la diversité des ressources génétiques in situ est nécessaire pour optimiser les stratégies d’échantillonnage ou de conservation. Parmi ceux-ci, les facteurs anthropologiques sont encore aujourd’hui largement méconnus. La diversité des espèces et des variétés cultivées par les Meru du Mont Kenya a été analysée en combinant l'anthropologie sociale et la génétique des populations.

Les travaux* menés par l’UMR AGAP en collaboration avec des partenaires français et kenyans montrent comment l’organisation sociale des agriculteurs, avec les pratiques de mariage, de résidence et d’échange de semences, contribuent à structurer la diversité génétique des plantes cultivées, en favorisant leur adaptabilité à l’environnement. Pour expliquer la variabilité observée, l’interaction classique entre génétique et environnement (GXE) a été décomposée en une triple interaction (GXEXS), où la composante sociale, S, est explicitée.

Ce modèle a permis de distinguer les effets environnementaux et culturels sur l'organisation de la diversité. Parmi les différents niveaux d’organisation sociale, les groupes de voisinage constituent une unité sociologique essentielle pour l’héritage et l’échange de semences. Ils représentent donc un facteur-clé d’organisation de l’agrobiodiversité. En revanche, les clans et l'âge ont moins d’effet. L’héritage des semences de belles-mères en brus, combiné aux règles de résidence, favorise l’adaptation locale des variétés, notamment en réponse aux variations climatiques. Ainsi, l’histoire et la différenciation des communautés se reflètent dans l'assemblage des espèces et des variétés cultivées.

L’étude des facteurs sociaux structurant la diversité des ressources génétiques s’avère un préalable important pour leur collecte, conservation et amélioration dans un cadre participatif. Elle fonde la reconnaissance des droits paysans.

* Dans le cadre des projets suivants :

  • AfriCrop : Étude de l'histoire évolutive des plantes domestiquées africaines (Agence Nationale de la Recherche, ANR)

  • ARCAD : Agropolis Resource Center for Crop Conservation, Adaptation and Diversity - Sub project 3. Cereals in Africa : from advanced to under-utilized crops

  • PICREVAT : Prévisibilité de l’information climatique pour la réduction de la vulnérabilité de l’agriculture Tropicale (ANR)

  • ATP Cirad : Reproduire des plantes, reproduire une société

Légende : Groupes de résidences patrilocales sur le versant du Mont Kenya. (Les femmes, lors de leur mariage, rejoignent le groupe de leur mari et y débutent l’agriculture. Elles héritent des semences de leur belle-mère. Les semences se transmettent ainsi de belles-mères en brus, au fil des générations ; ce qui permet de conserver les variétés à la même altitude, en favorisant leur adaptation.)



Christian Leclerc, christian.leclerc@cirad.fr Jean-Pierre Labouisse, jean-pierre.labouisse@cirad.fr Geo Coppens, geo.coppens@cirad.fr & Vanesse Labeyrie, vanesse.labeyrie@gmail.com

Date de publication : 01/01/2014





 


 
 

Mise à jour le 11/02/15


 




Extrait du site http://www.agropolis.fr/agriculture-familiale/exemple.php?id=96