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Compétences de recherche de Montpellier et du Languedoc-Roussillon

dans le domaine des agricultures familiales

Mots-clés : Afrique, Madagascar, politique foncière, droit foncier, politique agraire,agri-firme/exploitation familale

Interrelations entre agri-firmes et exploitations familiales à Madagascar

1. Dynamiques économiques, organisationnelles et sociales

1. Dynamiques économiques, organisationnelles et sociales

Journaliers employés par une entreprise privée	© P. Burnod À Madagascar, les appropriations foncières à grande échelle se poursuivent. L'UMR TETIS travaille avec l'Observatoire du Foncier pour suivre les impacts de ces dynamiques, promouvoir la transparence et le débat public sur ces contrats fonciers impliquant l'État et appuyer la formulation de politiques foncières adaptées.

Si la majorité des investisseurs ont arrêté leurs démarches d’installation faute d’expérience et de capital, d’autres ont réalisé leurs premières plantations sur quelques centaines d’hectares. Les concurrences et complémentarités avec les agricultures familiales présentes diffèrent selon les contextes mais certaines dynamiques agraires sont similaires.

La cession légale de milliers d’hectares aux investisseurs transforme les occupants en squatters, et ce en dépit des nouvelles lois foncières qui, depuis 2005, reconnaissent les droits fonciers locaux. Les ménages qui acceptent la cession des terres le font en l’échange de promesses de contreparties (loyer, emploi, infrastructures) ou en se réclamant propriétaires sans en être les usagers. Les perdants sont le plus souvent les éleveurs qui, pour les plus aisés, peuvent réagir et s’opposer violemment à l’entreprise ou aux villages qui ont négocié avec elle. Les conflits peuvent se généraliser lorsque l’entreprise ne tient pas ses promesses.

Seuls les agriculteurs les moins dotés s’emploient régulièrement auprès des entreprises ; les autres travaillent en priorité sur leurs terres pour assurer leur autoconsommation. Les revenus générés par ces emplois bénéficient ainsi aux plus pauvres et souvent aux migrants mais s’avèrent souvent insuffisants pour permettre une éventuelle sortie de la pauvreté. Faible loyer foncier et bas salaires sont des conditions attractives pour les investisseurs mais risquent à terme d’entraîner, en plus d’un écart important entre la rémunération du capital et celle du travail, un différentiel fort entre la valeur ajoutée demeurant au niveau local et celle « exportée » du territoire. Ces résultats en termes d’équité sociale et spatiale doivent stimuler la comparaison avec d’autres alternatives de développement (agriculture familiale indépendante, agriculture contractuelle, en régie et à grande échelle, etc.).

Perrine Burnod, perrine.burnod@cirad.fr

Date de publication : 01/01/2014





 


 
 

Mise à jour le 11/02/15


 




Extrait du site http://www.agropolis.fr/agriculture-familiale/exemple.php?id=94