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Compétences de recherche de Montpellier et du Languedoc-Roussillon

dans le domaine des agricultures familiales

Mots-clés : Afrique, Madagascar, biodiversité, paysages, forêt naturelle

Les paysages de l'agriculture familiale comme garants de la biodiversité à Madagascar

3. Biodiversité sauvage et cultivée et gestion des ressources naturelles

3. Biodiversité sauvage et cultivée et gestion des ressources naturelles

Agricultrices betisleo, commune d’Androy, Ambendrana, sud des Hautes Terres malgaches - S. Carrière © IRD À Madagascar, la description et l’analyse de paysages péri-forestiers générés par les activités agricoles familiales ont révélé des atouts à valoriser pour la conservation de la biodiversité. Les modes de mise en valeur des terres, issus de pratiques, de croyances et de stratégies paysannes à l’échelle familiale, ont contribué depuis des temps anciens à façonner des paysages hétérogènes où s’imbriquent de façon fine et complexe de nombreux habitats écologiques favorables à la biodiversité. Image même de la diversité, ces agroécosystèmes permettent de produire une grande variété de plantes cultivées, d’arbres fruitiers ou d’espèces de bois d’œuvre, et permettent aussi aux habitants d’y collecter un grand nombre de ressources (plantes médicinales, bois de chauffage, fibres, gibiers, etc.). Les zones cultivées, composées d’une multitude de petites parcelles aux historiques et cultures variés, sont ponctuées de haies vives, de bosquets et d’arbres isolés (pins, eucalyptus, ficus, autres espèces d’arbres sacrés, etc.), de jachères d’âges différents, de zones herbacées destinées au pâturages, de lambeaux de forêts naturelles protégés par les paysans et de plantations d’arbres fruitiers.

Des chercheurs de l’UMR GRED, en collaboration avec l’université d’Antananarivo, ont montré que la diversité floristique intra et interparcellaire de ces jachères est intimement liée à la diversité des pratiques, des itinéraires culturaux et des stratégies mis en œuvre à l’échelle familiale (durée de culture, durée de jachère, épargne foncière, feux, etc.). Par ailleurs, il a été montré que les paysages qui résultent de cette agriculture familiale contribuent aux flux d’oiseaux qui sortent des forêts protégées vers ces agroécosystèmes pour nicher, se nourrir, se reproduire. En conséquence, la biodiversité avienne de ces paysages est supérieure à celle des forêts car elle cumule les espèces de forêt, des espaces ouverts et ubiquistes. Ces recherches permettent de conclure que la qualité conservatoire de ces paysages reste importante ; ce qui leur confère un rôle de zone tampon pour la biodiversité forestière. Les recherches actuelles tentent de montrer leur niveau de connectivité afin de caractériser les éléments qui favorisent cette biodiversité.

Stéphanie Carrière, stephanie.carriere@ird.fr

Date de publication : 01/01/2014





 


 
 

Mise à jour le 11/02/15


 




Extrait du site http://www.agropolis.fr/agriculture-familiale/exemple.php?id=121