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Compétences de recherche de Montpellier et du Languedoc-Roussillon

dans le domaine des agricultures familiales

Mots-clés : Afrique, Mali, riziculture, irrigation, ressource en eau, foncier

Investissements agricoles à grande échelle et partage des ressources en eau pour la riziculture irriguée au Mali

3. Biodiversité sauvage et cultivée et gestion des ressources naturelles

3. Biodiversité sauvage et cultivée et gestion des ressources naturelles

Construction d’infrastructures d’irrigation par un investisseur privé - © T. Hertzog

Dans un contexte de tension sur les marchés agricoles et alimentaires, les vastes surfaces arables du continent africain attirent de plus en plus d’investisseurs internationaux (phénomène souvent qualifié d’accaparement de terres ou land grabbing).

Dans le périmètre irrigué de l’Office du Niger (Mali), l’arrivée d’investisseurs s’accompagne, en plus d’une compétition pour la terre, d’une redéfinition des modalités d’accès à l’eau, facteur de production essentiel de la riziculture irriguée. 600 000 ha sont en cours d’attribution à des investisseurs — soit 6 fois la surface actuellement aménagée — alors que plus de 80 % du débit du fleuve Niger sont déjà utilisés pour l’irrigation à certaines périodes de la saison sèche. Les marges de manœuvre pour répondre aux futurs besoins en eau sont donc réduites.

Le partage de l’eau disponible entre les différents acteurs est un enjeu à la fois technique et social. Faute d’accès à l’information et de poids dans les négociations sur l’allocation des ressources, les exploitants familiaux qui ont fait le succès de cette zone rizicole voient leur futur leur échapper.

Dans ce contexte, l’UMR G-EAU mène une recherche-action avec comme objectifs :

  • d’analyser et comparer les pratiques foncières des exploitants familiaux et des investisseurs ;

  • d’accompagner les acteurs dans l’identification des enjeux à long terme et l’anticipation des conséquences des nouvelles attributions foncières sur le fonctionnement du système irrigué.


L’UMR G-EAU et l’Institut d’Économie Rurale de Bamako ont conduit un processus de prospective participative. Différents groupes d’acteurs ont participé à des ateliers de construction de scénarios et des sessions de jeux de rôles. Les exploitants familiaux, qui avaient jusqu’à présent peu de prise sur la réflexion à long terme, ont ainsi pu échanger des informations et des visions du futur. Ceci leur a permis, in fine, d’imaginer des scénarios de développement possibles à 20 ans et de mettre en débat les règles qui permettraient de tendre vers le futur le plus souhaitable pour assurer la pérennité du modèle d’agriculture familiale.



Thomas Hertzog, thomas.hertzog@cirad.fr
Amandine Adamczewski, amandine.adamczewski@cirad.fr
Bréhima Tangara, brehima.tangara@yahoo.fr
& Jean-Yves Jamin, jamin@cirad.fr


Date de publication : 01/01/2014





 


 
 

Mise à jour le 11/02/15


 




Extrait du site http://www.agropolis.fr/agriculture-familiale/exemple.php?id=116