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Compétences de recherche de Montpellier et du Languedoc-Roussillon

dans le domaine des agricultures familiales

Mots-clés : Afrique, Niger, mil, diversité génétique, diversité des espèces, adaptation au changement climatique

Évolution des variétés de mil au Niger en réponse aux variations du climat

3. Biodiversité sauvage et cultivée et gestion des ressources naturelles

3. Biodiversité sauvage et cultivée et gestion des ressources naturelles

Récolte et stockage du mil dans une exploitation du Niger - © C. Mariac La culture du mil au Niger se pratique sans irrigation, dans le cadre d’une économie dominée par l’agriculture familiale. Elle est limitée au nord par l’isohyète 350 mm. Au sud de cette limite se trouve un gradient climatique vers des terres moins sèches, avec des variétés dont les dates de floraison sont variables et corrélées à ce gradient : plus on se situe dans une zone sèche, plus le mil fleurit tôt.

Au Sahel, de grandes sécheresses se sont succédées des années 1970 à 2000. La comparaison d’échantillons de mil collectés en 1976 et en 2003 dans les mêmes villages du Niger a permis de montrer que les variétés, leurs aires de répartition et leur diversité génétique neutre (diversité sans effet sur la capacité adaptative des organismes) ont été fortement conservées. Par contre, des essais en milieu contrôlé sur trois ans ont mis en évidence une évolution morphologique de ces variétés vers une morphologie plus compacte et une florais on plus précoce.

D’un point de vue génétique, l’UMR DIADE a pu identifier sur les échantillons de 1976 et 2003 des polymorphismes associés à la variation de floraison au sein du gène PgPHYC. La fréquence de l’allèle de précocité de ce gène a augmenté entre les deux années. Ces résultats suggèrent l’existence d’une sélection sur ce gène au cours du temps. Ces études sont actuellement étendues dans le cadre du projet ARCAD(Agropolis Resource Center for Crop Conservation, Adaptation and Diversity), qui se déroule en collaboration entre l’IRD, l’Inra et le Cirad. Ces résultats démontrent la capacité d’adaptation du mil aux variations du climat dans les systèmes agricoles dominés par des exploitations familiales au sein desquelles des variétés cultivées présentent une forte diversité génétique.

Yves Vigouroux, yves.vigouroux@ird.fr

Date de publication : 01/01/2014





 


 
 

Mise à jour le 11/02/15


 




Extrait du site http://www.agropolis.fr/agriculture-familiale/exemple.php?id=112