PARTAGER / SAUVER

 

Compétences de recherche de Montpellier et du Languedoc-Roussillon

dans le domaine des agricultures familiales

Mots-clés : Afrique de l'Ouest, Sénagal, Togo, fonio, céréale,adaptation au changement climatique,diversité génétique, diversité des espéces

Le fonio, un maillon essentiel de la sécurité alimentaire en Afrique de l'Ouest

3. Biodiversité sauvage et cultivée et gestion des ressources naturelles

3. Biodiversité sauvage et cultivée et gestion des ressources naturelles

Mise en bottes de fonio après coupe à la faucille et dépôt en meule - C. Billot © Cirad Alors que plus de 7 000 plantes sont cultivées dans le monde, la sécurité alimentaire ne repose quantitativement que sur quelques espèces majeures. Le blé, le maïs et le riz assurent ainsi plus de 50 % des apports énergétiques d’origine végétale. En dépit des incitations à la diversification des cultures visant à promouvoir une agriculture et une consommation durables, les espèces sous-utilisées représentent encore un réservoir inexploré de diversités et de potentialités. Sont-elles les cultures de demain ?

À cet égard, le fonio est prometteur. Cette céréale à petits grains est cultivée et consommée dans la région sub-sahélienne d'Afrique de l'Ouest, du Sénégal au lac Tchad. Deux espèces sont majoritairement cultivées sous le nom de fonio, Digitaria exilis, le fonio blanc majoritaire, et Digitaria iburua, le fonio noir, cultivé surtout dans le nord du Togo. La culture du fonio est le plus souvent limitée aux champs familiaux. Les agriculteurs distinguent les variétés en premier suivant la durée de leur cycle. Ainsi, les variétés à cycle court dont les grains sont matures avant la fin de la saison des pluies permettent d'assurer la période de soudure. Elles sont cultivées sur des petites parcelles, souvent dans les champs des femmes, et collectées quotidiennement afin d'assurer la consommation journalière. Les variétés à cycle plus long, qui présentent souvent un rendement plus important, peuvent être utilisées à la fois pour la consommation et le commerce. Leur culture dépend donc des besoins et usages spécifiques des familles, et, de fait, de l'organisation sociale.

Un atelier regroupant différents acteurs a permis de lister de manière concertée les besoins en termes d'évaluation de la diversité disponible (au sens large), d'amélioration d'itinéraires culturaux, des circuits de distribution et des procédés post-récolte incluant le développement d’équipements spécifiques. Ces aspects sont abordés dans différents projets, qui font intervenir des approches pluridisciplinaires. Les UMR AGAP, DIADE et QualiSud, et leurs partenaires africains, s’intéressent aux aspects de diversité aux niveaux des agrosystèmes, des espèces, des savoirs et des techniques associées. Les projets développent des approches globales, qui ne dissocient pas la culture de son environnement, y compris social. Ils dérivent des méthodes et des outils utilisés sur les espèces majeures, et participent au développement de nouveaux outils, aussi bien technologiques que méthodologiques, en particulier en élaborant des stratégies de conservation, d'échanges et de transformation.

Adeline Barnaud, adeline.barnaud@ird.fr
Claire Billot, claire.billot@cirad.fr
& Jean-François Cruz, jean-francois.cruz@cirad.fr


Date de publication : 01/01/2014

Illustrations

Fonio précoce récolté en haute Guinée et conservé avant battage et consommation sous forme de meule dans le champ - C. Billot © Cirad  et A. Barnaud © IRD




 


 
 

Mise à jour le 11/02/15


 




Extrait du site http://www.agropolis.fr/agriculture-familiale/exemple.php?id=111