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Compétences de recherche de Montpellier et du Languedoc-Roussillon

dans le domaine des agricultures familiales

Mots-clés : Afrique, Amérique du Sud, Asie, Océanie, Vanouatu, plantes à racines, tubercules, taro, sélection de variétés

Comment faciliter la résilience des agricultures familiales à base de racines et tubercules ?

3. Biodiversité sauvage et cultivée et gestion des ressources naturelles

3. Biodiversité sauvage et cultivée et gestion des ressources naturelles

Image Producteur avec diverses variétés de taro	V. Leboc © UMR-AGAP Les bases génétiques des plantes à racines et tubercules (manioc, patate douce, igname, taro) sont, dans un pays donné, souvent très étroites, mais la variation de la diversité allélique entre les régions est significative. L’adaptation aux changements globaux peut donc être renforcée par la distribution de diversité sur de grandes distances. Cependant, les plantes à racines et tubercules ne bénéficient pas de filières semencières ; le petit paysannat doit donc gérer son propre matériel et peu de producteurs ont accès aux variétés issues des centres de recherche. C’est à partir de ce constat qu’a été développé un système décentralisé qui permet d’apporter chez les producteurs une forte diversité allélique sous la forme de clones de variétés ou d’hybrides. Le principe est simple : éviter la concentration des moyens nécessaires pour faire de l'amélioration génétique et distribuer des gènes pour mieux les conserver et, surtout, les utiliser. Sa mise en œuvre est complexe car cela suppose qu’au préalable des jeux de variétés abritant une forte diversité allélique aient pu être composés et de gros effectifs criblés à l’aide d’outils performants.

En pratique, la sélection d’un échantillon représentatif (10 % des variétés) de la diversité utile de l’espèce évite les doublons et maximise la capture d’une forte variabilité. Les génotypes introduits sont aussitôt multipliés puis distribués directement aux producteurs qui restent responsables de la sélection finale et de la redistribution aux voisins. Cette approche a été testée au Vanouatou avec le taro (Colocasia esculenta). Les producteurs y sont dispersés et isolés sur 80 îles. La distribution se fait au plus grand nombre en minimisant suivi et assistance. Des inventaires au champ montrent que les variétés introduites sont conservées, que les meilleures sont multipliées et distribuées via les réseaux d’échange et que les variétés locales ne sont pas menacées. Si des génotypes devaient disparaître — ce qui est fréquent dans ces régions — ce qui compte in fine, c’est que les gènes utiles restent transmis via les réseaux, consciemment ou inconsciemment. Cette approche, financée par le FFEM, est maintenant testée dans 19 pays d’Amérique du Sud, d’Afrique, d’Asie et d’Océanie (financement du programme thématique de sécurité alimentaire - Union européenne).

En savoir plus

Vincent Lebot, lebot@vanuatu.com.vu

Date de publication : 01/01/2014

Référence(s)

Lebot, V. 2009. The Tropical Root and Tuber Crops: cassava, sweet potato, yams and aroids. CABI Crop Production Science in Horticulture, CABI Publishing, Cambridge, UK. 420 p.



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Mise à jour le 11/02/15


 




Extrait du site http://www.agropolis.fr/agriculture-familiale/exemple.php?id=110