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Compétences de recherche de Montpellier et du Languedoc-Roussillon

dans le domaine des agricultures familiales

Mots-clés : Afrique, Congo, agroforesterie, bois énergie, système de culture sur abattis-brûlis, jachères forestières

Des techniques agroforestières pour un approvisionnement durable des villes d’Afrique centrale en bois énergie

2. Systèmes techniques de production agricole et élevage

2. Systèmes techniques de production agricole et élevage

Faidherbia albida âgés d'une quinzaine d'années dans un champ de coton, Nord-Cameroun - © R. Peltier Les besoins en énergie domestique et en produits vivriers des villes d'Afrique centrale ne cessent d'augmenter ; ce qui fait peser une pression importante sur la ressource en bois. Dans ce contexte, le projet Makala (« braise » en lingala) a pour objectif d’assurer l’approvisionnement durable des villes en bois énergie, tout en limitant l’impact sur l’environnement et en assurant des revenus durables aux petits paysans, en République démocratique du Congo (Kinshasa et Kisangani) et en République du Congo (Brazzaville).

Des techniques agroforestières ont ainsi été développées et diffusées par le Cirad (UPR B&SEF) et ses partenaires au sein de ce projet. Ainsi, la régénération naturelle assistée (RNA) a été utilisée afin d’améliorer les systèmes de culture sur abattis-brûlis des agriculteurs familiaux et de contribuer à l’aménagement de leurs jachères forestières.

Avant la défriche, des arbres utiles sont sélectionnés par l’agriculteur pour être protégés. Puis, pendant la période des cultures agricoles, la germination et la multiplication par rejets de souche et drageons des espèces forestières locales préexistantes, qui ont été exploitées, sont favorisées par des pratiques de sarclage sélectif, d’éclaircie et d’élagage.

Le suivi de ces tests montre une faible survie des vieux arbres conservés lors du défrichement pour les cultures, en raison de la difficulté de contrôle des feux lors du brûlis ; ce qui limite l’applicabilité de cette technique à la périphérie des parcelles, sous forme d’enrichissement progressif de haies bocagères. Par contre, à l’intérieur des parcelles, les rejets de souche exploités et les drageons des espèces forestières naturelles, protégés par RNA au moment des sarclages, ont montré une croissance rapide qui permet, à faible coût, d’installer rapidement une jachère ligneuse. Deux ans et demi après le brûlis, ces jachères ont une biodiversité et une biomasse supérieures à celles des jachères non gérées par RNA. Une meilleure productivité en charbon et en produits agricoles ainsi qu’une réduction de la savanisation des espaces forestiers sont attendues. Ceci devrait permettre aux agriculteurs familiaux d’augmenter et de diversifier leurs revenus (produits agricoles, charbon, miel, etc.) et de stabiliser l’implantation de leur exploitation, sans avoir à se déplacer sans cesse vers de nouveaux massifs forestiers pour y pratiquer l’agriculture itinérante sur brûlis. Cependant, l'acceptation sociale, qui est un facteur critique pour la diffusion d’une telle innovation à grande échelle, reste à étudier en relation avec les droits fonciers traditionnels et modernes.

En savoir plus

Régis Peltier, regis.peltier@cirad.fr

Date de publication : 01/01/2014

Illustrations

Transport de feuilles de manioc, le plus souvant assuré par les femmes, près de Kisangani, République démocratique du Congo - © R. Peltier




 


 
 

Mise à jour le 11/02/15


 




Extrait du site http://www.agropolis.fr/agriculture-familiale/exemple.php?id=109