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Compétences de recherche de Montpellier et du Languedoc-Roussillon

dans le domaine des agricultures familiales

Mots-clés : Asie, Afrique, Madagascar, Cambodge, élevage de volailles, recherche épidémiologique, buffle, épidémiologie participative

Surveillance de maladies endémiques et épidémiques : la maladie de Newcastle (Madagascar) et la fièvre aphteuse (Asie du Sud-Est)

2. Systèmes techniques de production agricole et élevage

2. Systèmes techniques de production agricole et élevage

Petit troupeau d’oies gardé par un jeune garçon. Lac Alaotra, Madagascar -© V. Chevalier Le Cirad (UPR AGIRs et UMR Moisa) et ses partenaires mènent deux projets de recherche épidémiologique sur la maladie de Newcastle et la fièvre aphteuse afin de mieux appréhender les risques d’apparition des foyers et d’améliorer les stratégies de contrôle de ces maladies.

À Madagascar, la maladie de Newcastle constitue une contrainte économique forte pour les petits élevages de volailles familiaux. La surveillance et la détection précoce des épizooties représentent un enjeu majeur pour améliorer les conditions de vie des éleveurs. La vaccination, réalisée ponctuellement pour des raisons de coût ou d’accessibilité, ne réduit pas significativement l’impact de la maladie sur l’économie des ménages. Les circuits commerciaux sont le mode principal de dissémination de la maladie et les marchés représentent les points-clés de contrôle et de surveillance. Dans le cadre du projet GRIPAVI(Ecologie et épidémiologie de la grippe aviaire dans les pays du Sud), une étude (région du lac Alaotra) a couplé l’analyse de circuits commerciaux et l’occurrence de la maladie afin d’identifier les marchés centraux par lesquels passe la majorité des volailles et reliant la plupart des marchés secondaires. Une surveillance ciblée sur ces marchés permett rait une détection précoce de la mortalité et/ou morbidité dûe à la maladie. Leur fermeture — et/ou désinfection — enraierait rapidement la progression du virus le long des voies commerciales. Une étude de la sensibilité de ce type de surveillance est en cours.

Dans le cadre du programme REVASIA(Research for Evaluation of Surveillance in South East Asia), une approche participative a été développée pour décrire la situation épidémiologique de la fièvre aphteuse dans différents villages cambodgiens (province de Svay Rieng). En 2010, 138 foyers ont été déclarés dans 19 provinces avec plus de 59 000 animaux touchés. Ces chiffres sont certainement sous-estimés car les éleveurs ne perçoivent pas l'impact de cette maladie, trop étalée dans le temps. Ces contraintes ne permettent pas de connaître la situation réelle de la maladie ni son évolution et freinent également l’élaboration de stratégies de contrôle. L’épidémiologie participative est intéressante pour pallier ces lacunes. Cette approche est fondée sur le principe de triangulation selon lequel plusieurs sources de récupération de données sont mises en correspondance — savoir local, observations scientifiques, sources secondaires — et permet un contrôle qualité des résultats. Les dosages sérologiques effectués en parallèle des enquêtes permettent de valider les réponses des éleveurs et d’analyser la sensibilité de la méthode participative. Cette approche s’est avérée utile pour comprendre les facteurs économiques influant sur la gestion des maladies par les éleveurs. Une utilisation plus répandue permettrait de mieux impliquer les agriculteurs pour leur faire prendre conscience de l'impact réel de la maladie et d’aider les gestionnaires à établir des méthodes de lutte adaptées à l’évolution de la maladie.

Véronique Chevalier, veronique.chevalier@cirad.fr & Flavie Goutard, flavie.goutard@cirad.fr

Date de publication : 01/01/2014

Illustrations

Eleveuse Khmer et son buffle dans la province de Sway Rieng, Cambodge - © F. Goutard




 


 
 

Mise à jour le 11/02/15


 




Extrait du site http://www.agropolis.fr/agriculture-familiale/exemple.php?id=106