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Compétences de recherche de Montpellier et du Languedoc-Roussillon

dans le domaine des agricultures familiales

Mots-clés : Afrique, Cameroun, agroécologie, agriculture de conservation, système de production durable

Choix du précédent cultural dans les palmeraies villageoises au Cameroun

2. Systèmes techniques de production agricole et élevage

2. Systèmes techniques de production agricole et élevage

Évolution d’une exploitation familiale vers une exploitation patronale employant un salarié permanent

La région d’Edéa au sud du Cameroun, qui est le principal bassin de production élaeicole du pays, se caractérise par des rendements des palmeraies industrielles satisfaisants dans les conditions pédoclimatiques de la région (14 à 16 t/ha de régimes), tandis que les plantations villageoises ont des rendements très contrastés (2 à 14 t/ha de régimes). La plantation de matériel végétal tout-venant explique les plus faibles rendements villageois. Les précédents vivriers et forêts sont associés respectivement aux faibles et bons rendements parmi les palmeraies villageoises sélectionnées ; ce qui pose à la recherche la question des raisons des choix du précédent cultural.

Pour y répondre, l’UPR « Performance des systèmes de culture des plantes pérennes » a reconstitué par enquête les trajectoires des exploitations, leur mode d’accès au foncier et les pratiques dans les différentes parcelles, chez les différents types de petits planteurs de la région : des exploitations familiales, patronales et des entreprises managériales. Il s’avère que les exploitations familiales suivent une trajectoire typique au cours de plusieurs décennies :

  • création d’une exploitation familiale productrice de vivriers de rente ;

  • développement d’une palmeraie financée par la vente de productions vivrières et éventuellement par un projet ;

  • une fois que l’agriculteur vit des revenus de sa palmeraie, réduction des surfaces vivrières pour les seuls besoins d’autoconsommation en implantant de nouvelles palmeraies sur précédent vivrier ;

  • puis embauche d’un employé permanent lorsque les surfaces le permettent : 10 ha de palmiers, c’est la « retraite » de l’agriculteur...



L’implantation de palmeraies suppose une double emprise foncière : externe à l’exploitation sur la forêt puis interne sur les surfaces en rotation jachère-vivrier, expliquant ainsi les différences de précédents entre les parcelles.



Sylvain Rafflegeau, sylvain.rafflegeau@cirad.fr

Date de publication : 01/01/2014





 


 
 

Mise à jour le 11/02/15


 




Extrait du site http://www.agropolis.fr/agriculture-familiale/exemple.php?id=100