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Dossier Agropolis Agricultures familiales

Coordination scientifique :
Sandra Ardoin-Bardin
(IRD), Nicolas Arnaud (CNRS),
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Mélanie Broin
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Tél. : +33 (0)4 67 04 75 06

Version électronique
Chantal Salson, salson@agropolis.fr


 

Compétences de recherche de Montpellier et du Languedoc-Roussillon

dans l'étude des impacts et adaptations au changement climatique

Projet SERENA : enjeux liés aux services écosystémiques

Copyright et légende : ©Georges Serpantié - Conversion d'une forêt naturelle en cultures vivrières, responsable d'émission de gaz à effet de serre (Ranomena, Madagascar)

©Georges Serpantié - Conversion d'une forêt naturelle en cultures vivrières, responsable d'émission de gaz à effet de serre (Ranomena, Madagascar)

Le projet « Services environnementaux et usage de l'espace rural » (ANR SERENA porté, entre 2009 et 2013, par les unités de recherche GRED, ART-Dev, Green et Metafort (AgroParisTech, Irstea, Inra, VetAgroSup) traitait des enjeux liés à l’émergence de la notion de « service environnemental » ou « service écosystémique » (SE) et de son inscription dans l’action publique.
La notion de SE prend en compte non seulement la fonction productive des écosystèmes, mais aussi des fonctions de régulation notamment climatiques (comme la séquestration de carbone) ainsi que des fonctions dites culturelles. Ces dernières renvoient aux rôles éducatifs et récréatifs des aires protégées, ainsi qu’au rapport singulier de certaines sociétés à leur environnement. Cette dimension identitaire confère une valeur patrimoniale à certaines pratiques ou à certains paysages et objets menacés de la nature. Des instruments appelés « paiements pour services environnementaux » (PSE) constituent une illustration de ce type de représentation des relations Nature-Sociétés. Bien que la généalogie des deux concepts (SE et PSE) ait été distincte à l’origine, les acteurs de la conservation de la biodiversité les mettent simultanément en avant dans une logique d’incitation économique, de compensation des coûts de la préservation de la nature ou encore de financement des aires protégées. Ces outils ont pour rôle de valoriser les services rendus par les gestionnaires de l’environnement. Pour ce faire, il est demandé une contribution aux usagers des ressources ou aux bénéficiaires des SE.

La comparaison de trois pays a révélé un état de diffusion du concept et de ses applications très contrasté.
- Au Costa Rica, pays ayant joué un rôle majeur, le concept de SE a diffusé grâce à une politique forestière lancée en 1996. Elle a requalifié en « PSE » une politique antérieure de soutien financier aux propriétés forestières, financée en partie par une subvention publique adossée à une taxe sur les produits pétroliers et, depuis peu, sur l’eau.
- À Madagascar, la notion a été progressivement introduite par la coopération internationale à partir de 2 000, dans l'intention de sensibiliser le public à la conservation et de financer durablement les « Nouvelles Aires Protégées » et la gestion communautaire des forêts. Les acteurs de ces projets ont alors misé sur les marchés du carbone, de la biodiversité, de l’eau et du tourisme.
- En France, le concept SE est encore peu popularisé. Dans les milieux de la conservation de la biodiversité, son introduction s’effectue actuellement à travers la loi sur la biodiversité. Au sein de la politique agricole, c’est l’intérêt pour les incitations économiques, via les services de régulation rendus par les agriculteurs, qui attire l’attention des acteurs de la nouvelle politique européenne.

L’usage de la notion de SE et son articulation avec les enjeux internationaux (changement climatique, conservation de la biodiversité, gestion durable de l’eau, écotourisme) ont été mis à profit par le secteur environnemental et forestier dans les arènes internationales. Les PSE ont été développés au Costa Rica à une échelle nationale, et à Madagascar à une échelle plus locale (programmes pilotes REDD+ ; plateformes locales pour l’eau et contrats de conservation mises en place par des Organisations Non Gouvernementales). De manière générale, le secteur agricole – et plus généralement les politiques de développement rural – ne se sont pas encore assez approprié cette notion pour pouvoir renouveler leurs pratiques et leurs outils d’intervention. Certains dispositifs existants (écotourisme, certifications environnementales) mobilisent parfois la notion de SE. Cependant, cela relève essentiellement d’un effet de rhétorique destiné à justifier leur légitimité par l’emploi d’une terminologie à la mode.

En savoir plus

Philippe Meral, Philippe.meral@ird.fr

Date de publication : 01/02/2015


Imprimer le chapitre 1. Changement climatique & ressources, territoires et développement, dans lequel figure cet exemple




 


 
 

Mise à jour le 11/03/15


 




Extrait du site http://www.agropolis.fr/changement-climatique/exemple.php?id=139