Share/Bookmark

Chiffres clés

46 unités de recherche
2 "Laboratoires d'excellence" et 1 institut
5 infrastructures de recherche, d’envergure nationale ou européenne
5 partenaires étrangers ou internationaux

Dossier Agropolis

Téléchargez la version papier du dossier Agropolis "Changement climatique" n° 20 février 2015, 87 pages)
Feuilletez ce dossier

Dossier Agropolis Agricultures familiales

Coordination scientifique :
Sandra Ardoin-Bardin
(IRD), Nicolas Arnaud (CNRS),
Sophie Boutin
(UM),
Jean-Luc Chotte
(IRD),
Philippe Jarne
(CNRS),
Pascal Kosuth
(Agropolis Fondation),
Philippe Lebaron
(UPMC),
Éric Servat
(IRD)

En savoir plus sur le dossier

Toute la collection

Contacts Agropoliss

Mélanie Broin
broin@agropolis.fr
Tél. : +33 (0)4 67 04 75 06

Version électronique
Chantal Salson, salson@agropolis.fr

 

Compétences de recherche de Montpellier et du Languedoc-Roussillon

dans l'étude des impacts et adaptations au changement climatique

 

Paysage de savane, Ambalavao, Hautes Terres (Madagascar) © IRD M. Grouzis

3. Changement climatique & interactions entre organismes

Larves à ptérothèques du puceron Aphis gossypii © J.P. Deguine

Larves à ptérothèques du puceron Aphis gossypii © J.P. Deguine

Auteurs :
Sophie Gaudriault
& Nathalie Volkoff (UMR DGIMI),
Elsa Ballini
& Claire Neema (UMR BGPI)

Date de publication: 01/02/2015

Imprimer ce chapitre

Les changements climatiques modifient en premier lieu les facteurs abiotiques de l’environnement dans lesquels évoluent les organismes vivants : lumière, température, humidité du sol et de l’air, composition chimique de l’eau, pression atmosphérique et hydrostatique, structure physique et chimique du substrat.

Ces changements peuvent avoir des répercussions importantes sur la structure et le fonctionnement des écosystèmes, notamment en modifiant la biologie ou le comportement des organismes (plantes, animaux, microorganismes) et ainsi conduire à des variations importantes au sein des interactions qu’ils établissent entre eux (compétition, prédation, parasitisme, mutualisme, vection…).

Face à ces modifications profondes, la communauté scientifique doit pouvoir répondre à trois enjeux principaux.

Le premier enjeu concerne la connaissance académique de l’impact des changements climatiques sur la biologie, la distribution ou l’abondance des organismes, ce qui commence à être assez bien décrit, mais également l’impact de ces changements sur les interactions entre organismes et les conséquences sur la dynamique des chaines trophiques, paramètres assez mal maitrisés aujourd’hui (enjeu 1).

Le second enjeu consiste à prédire les risques agronomiques et sanitaires, en particulier par des approches de modélisation (enjeu 2).

Enfin, adapter les pratiques ou en proposer de nouvelles tant du point de vue cultural, sanitaire, politique et social, est un enjeu majeur pour limiter les « dommages » (enjeu 3).

Les unités de recherche membres d’Agropolis International travaillent sur un très large éventail d’interactions entre organismes (interactions biotiques). Ces interactions peuvent mettre en relation deux ou plusieurs macroorganismes (plantes, insectes, mollusques, nématodes, mammifères), ou un macroorganisme avec des microorganismes (bactéries, virus, champignons). Les grands types d’interactions biotiques principalement travaillés sont la symbiose, la pathogénie, le parasitisme et la vectorisation. Ces interactions biotiques concernent des plantes d’intérêt agronomique et des animaux, des auxiliaires ou des ravageurs, et les études menées s’attachent aussi bien au milieu terrestre qu’aquatique.

Pour décrypter les causes et les conséquences des impacts du changement climatique, la connaissance fondamentale des mécanismes d’interactions biotiques des différents modèles d’intérêt est mobilisée (enjeu 1). Par exemple, de nombreuses espèces terrestres, d’eau douce et marines, modifient leurs aires de répartition (cas du virus de la panachure jaune du riz en Afrique et de la chenille processionnaire du pin) ou leurs activités saisonnières (cas de Mycobacterium ulcerans, agent de l’ulcère de Buruli). Des agents pathogènes s’adaptent également aux modifications des comportements de leurs organismes vecteurs (cas de la ré-émergence de la schistosomose).

De nombreuses UMR sont impliquées dans la modélisation des conséquences des changements climatiques (enjeu 2). Cela peut concerner l’étude des processus épidémiologiques de maladies transmises par des macroorganismes vecteurs (dissémination de maladies de plantes par des insectes, évaluation de la transmission de la fièvre catarrhale ovine en Europe, maladies à transmission vectorielle au Maghreb et en Europe). Les données biologiques n’étant pas seules en cause, ces modélisations peuvent également intégrer des données sociétales et juridiques (projet RELAIS sur les risques épidémiologiques en Amazonie).

La communauté scientifique d’Agropolis met en œuvre des recherches finalisées conduisant à proposer de nouvelles pratiques (enjeu 3). Ces pratiques peuvent être culturales, peuvent concerner le développement de nouveaux auxiliaires de lutte biologique ou peuvent concerner les stratégies politiques et sanitaires.

Les unités de recherche d’Agropolis impliquées dans l’étude des interactions entre les organismes sont localisées sur de nombreux campus montpelliérains (Saint Éloi, La Gaillarde, Baillarguet, Lavalette), mais également régionaux (Inra d’Avignon, Université de Perpignan). Cette spécificité multi-site rend nécessaire l’élaboration d’un certain nombre d’outils partagés et de mise en réseau.

Par exemple, le réseau régional « Interactions Microorganismes-Hôtes* », qui regroupe actuellement plus de vingt équipes des sites montpelliérains, nîmois et perpignanais, se structure autour de l’étude des mécanismes des interactions biotiques entre microorganismes (bactéries, virus champignons, parasites) et leurs hôtes (plantes, invertébrés, mammifères). Il a pour but d’assurer la visibilité de la thématique, de créer une animation scientifique et de participer à la structuration de la thématique au niveau de l’enseignement et de la recherche.

Auteurs :
Sophie Gaudriault & Nathalie Volkoff (UMR DGIMI),
Elsa Ballini & Claire Neema (UMR BGPI)

Date de publication: 01/02/2015

Imprimer ce chapitre : changement climatique & interactions entre organismes

 


Exemples de recherche sur le changement climatique & interactions entre organismes

Des hivers plus chauds profitent à la processionnaire du pin

©H. Santos - Chenilles processionnaires du pin sur leur nid d'hiver

La processionnaire du pin, Thaumetopoea pityocampa, est un papillon dont la chenille est un important ravageur des conifères. Urticante, cette chenille pose des problèmes de santé publique vis-à-vis de l'homme, aussi bien auprès des professionnels (personnels forestiers (...)


Émergence du virus de la panachure jaune du riz en Afrique

© J.-L. Notteghem - Champs de riz infectés à différents stades par le virus de la panachure jaune du riz (Office du Niger au Mali,2003)

Des changements environnementaux sont à l’origine de l’émergence récente et de la propagation rapide en Afrique du virus de la panachure jaune du riz (appelée « RYMV » pour Rice yellow mottle virus).
Les premières épidémies de RYMY sont survenues dans des complexes
 (...)


Le nématode entomopathogène pour sauver le cèdre du Liban menacé par le changement climatique

Des nématodes entomoathogènes à la rescousse du cèdre du Liban

Le cèdre du Liban, Cedrus libani, est le symbole du drapeau national de ce pays de l’Est méditerranéen. Répandue, du temps des pharaons, du nord au sud du mont Liban, la cédraie originelle est aujourd’hui réduite à quelques forêts relictuelles réparties dans une (...)


Concevoir des systèmes de culture maraîchers mieux régulés

© Hortsys - Les filets protègent les cultures mais modifient le microclimat sous filet

Des études sur l'utilisation en maraîchage de filets anti-arthropodes ont été réalisées par l’UR HortSys, en partenariat
-au Bénin, avec l’Institut National des Recherches Agricoles du Bénin et l’Université d'Abomey-Calavi
-au Kenya, avec l’International



 (...)


Étude des processus épidémiologiques de maladies transmises par les insectes

Répartition spatiale de la Cercosporiose Noire, maladie foliaire du bananier causée par le champignon ascomycète Mycosphaerella fijiensis  en Martinique

Une partie des recherches conduites au sein de l’équipe « Épidémiologie végétale et vection » (UMR BGPI) vise à comprendre les processus de dissémination de maladies de plantes transmises par vecteurs aériens. L'enjeu est de développer des modèles permettant

 (...)


(Ré)émergence de la schistosomose dans un contexte de changements globaux

©A Théron - Le mollusque Bulinus truncatus hôte intermédiaire de Schistosoma haematobium a été trouvé dans trois rivières du Sud-Est de la Corse

La schistosomose, ou bilharziose, est une parasitose humaine endémique des pays tropicaux ou subtropicaux. Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), cette maladie touche environ 200 millions de personnes et cause 250 000 décès chaque année. L'agent responsable (...)


Guyane française : liens entre l'évolution des cas d'ulcère de Buruli et le changement climatique

R. Gozlan © IRD - Les zones marécageuses, telles que celle-ci en Guyane française, sont propices à la bactérie responsable de l’ulcère de Buruli

On méconnaît les modes de transmission de l’agent microbien Mycobacterium ulcerans responsable de l’ulcère de Buruli, la troisième mycobactériose touchant l'homme dans le monde après la lèpre et la tuberculose. A fortiori, on ne disposait pas jusqu'ici de données (...)


Projet RELAIS et risques d'épidémies en Amérique latine : mieux comprendre les processus qui lient l'environnement à la santé humaine

Comment expliquer la distribution de la malaria en Amazonie ? Pourquoi, certaines années, la malaria connaît-elle de fortes épidémies à la montée des eaux des fleuves plutôt qu'à la baisse comme c'est habituellement le cas ? Pourquoi la leishmaniose est-elle si (...)


Évaluation de l'impact du climat sur le risque de transmission de la fièvre catarrhale ovine en Europe

©H.Guis - Paramètre de propagation de la fièvre catarrhale ovine

Les variations du taux de reproduction de base (« R0 », correspondant au risque de transmission) de la fièvre catarrhale ovine ont été évaluées en Europe pour les périodes passées et présente (1960-2008) mais aussi futures (jusqu'en 2050), en utilisant un ensemble (...)


Stratégies et politiques sanitaires dans le cadre du changement climatique

© D. Cornélis - Capture du buffle au Zimbabwe

La nécessaire adaptation des stratégies et des politiques sanitaires en réponse au changement climatique s'inscrit dans un contexte plus large de mutations globales concernant la demande croissante en produits d'origine animale, la globalisation des échanges de (...)


Maladies à transmission vectorielle : le Maghreb et l’Europe

Les changements climatiques et/ou environnementaux, ainsi que l’intensification des échanges commerciaux, bouleversent la distribution et les mécanismes de transmission des maladies à transmission vectorielles. En plus des effets du changement climatique,

 (...)

Cet exemple ne figure pas dans la version papier du dossier, publiée en février 2015.

Impact des variations paléoclimatiques sur les faunes africaines

©G.Kergoat - Arbre phylogénétique de coléoptères (genre Blaps)

Par le passé, les variations climatiques ont eu des conséquences importantes sur les grands biomes de la planète. Par exemple, les périodes glaciaires et interglaciaires ont entraîné d’importantes modifications des écosystèmes et, par voie de conséquence, (...)

Cet exemple ne figure pas dans la version papier du dossier, publiée en février 2015.

 

 


Unités de recherche présentées dans ce chapitre

Nom de l'unité et lien vers le site web Organismes membres participants ou partenaires Directeur Exemples de recherche

UMR CBGP : Centre de Biologie pour la Gestion des Populations

 

Cirad, Inra, IRD, Montpellier SupAgro Flavie Vanlerberghe Exemples de recherche

UMR LSTM : Laboratoire des symbioses tropicales et méditerranéennes

 

Cirad, Inra, IRD, Montpellier SupAgro, UM Robin Duponnois Exemples de recherche

UMR IPME : Interactions plantes micro-organismes environnement

 

Cirad, IRD, UM Valérie Verdier Exemples de recherche

UMR DGIMI : Diversité, génomes et interactions microorganismes-insectes

 

Inra, UM Anne-Nathalie Volkoff Exemples de recherche

UPR B-AMR : Bioagresseurs : analyse et maîtrise du risque

 

Cirad Christian Cilas Exemples de recherche

UR AVI-PATHO : Pathologie végétale

 

Inra Avignon Marc Bardin Exemples de recherche

UMR BGPI : Biologie et génétique des interactions plante-parasite

 

Cirad, Inra, Montpellier SupAgro Claire Neema Exemples de recherche

UR CSIRO-EL : CSIRO European Laboratory

 

Andy Sheppard Exemples de recherche

UR EBCL : European Biological Control Laboratory

 

Lincoln Smith Exemples de recherche

UMR IHPE : Interaction Hôtes-Pathogènes Environnements

 

CNRS, Ifremer, UM, UPVD Guillaume Mitta Exemples de recherche

UMR MIVEGEC : Maladies infectieuses et vecteurs : écologie, génétique, évolution et contrôle

 

CNRS, IRD, UM Frédéric Simard Exemples de recherche

UMR InterTryp : Interactions hôtes-vecteurs-parasites-environnement dans les maladies tropicales négligées dues aux trypanosomatidés

 

Cirad, IRD Philippe Solano Exemples de recherche

UMR ASTRE : Animal, santé, territoires, risques et écosystèmes

 

Cirad, Inra Thierry Lefrançois Exemples de recherche

UPR AGIRs : Animal et gestion intégrée des risques

 

Cirad François Roger Exemples de recherche


Voir aussi...

   1. Changement climatique & ressources, territoires et développement2. Changement climatique & Biodiversité et écosystèmes continentaux2. Changement climatique & Biodiversité et écosystèmes marins3. Changement climatique & interactions entre organismes4. Changement climatique & systèmes de production agricole et élevage

 

 

 



 
 

Mise à jour le 23/02/16


 




Extrait du site http://www.agropolis.fr/changement-climatique/ch3-changement-climatique-interactions-entre-organismes.php