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Compétences de recherche de Montpellier et du Languedoc-Roussillon dans le domaine de la biodiversité

"Biodiversité - Des sciences pour les humains et la nature"

UMR BGPI Biologie et génétique des interactions plante-parasite

Etablissement(s) de tutelle  : Cirad, Inra, Montpellier SupAgro



Diversité des interactions et des mécanismes adaptatifs des agents pathogènes

Les interactions entre plantes et agents pathogènes sont le résultat d'une coévolution qui a été le moteur d'une biodiversité observée aujourd'hui dans les milieux les moins anthropisés. L'agriculture a profondément modifié ces interactions en réduisant la biodiversité des espèces cultivées et en sélectionnant des génotypes résistants qui exercent une pression de sélection élevée sur les agents pathogènes. La domestication des plantes cultivées a nécessité la sélection de plantes suffisamment résistantes aux agents pathogènes. Par ailleurs, les introductions de nouvelles espèces cultivées dans toutes les régions du monde a été à l'origine de l'introduction involontaire d'agents pathogènes dans des régions où ils étaient absents jusqu’alors. C’est ainsi qu’ont eu lieu des confrontations entre des espèces cultivées et des agents pathogènes avec lesquels elles n'avaient pas co-évolué.

Les grandes surfaces en culture monospécifique ou monovariétale ont offert aux agents pathogènes les conditions écologiques favorables à des sauts d'hôtes et à des épidémies dévastatrices. La situation actuelle résulte de changements qui ont commencé au début de l'agriculture, mais qui ont été amplifiés par l'accélération des échanges de matériel végétal. Si l'agriculture moderne a pu se construire sur de nombreux succès dans la limitation des épidémies, beaucoup d’échecs ont été observés dans l'utilisation des résistances variétales ou dans le développement de produits phytosanitaires. La compréhension de la biodiversité des pathosystèmes culturaux et des mécanismes d'adaptation des agents pathogènes est donc importante pour évaluer la durabilité des agrosystèmes et pour proposer les méthodes les plus sûres de limitation des pertes.

Les recherches conduites à l'UMR Biologie et Génétique des Interactions Plantes-Parasites (BGPI, Cirad, Inra, Montpellier SupAgro) visent à mieux connaître la diversité des interactions et des mécanismes adaptatifs des agents pathogènes. Les travaux concernent les virus et leurs vecteurs, les bactéries et les champignons. Les recherches sont conduites à différentes échelles, par des études de biologie des populations menées en confrontant la structure observée des populations d'agents pathogènes aux modèles théoriques de la génétique des populations, mais également par des approches d'épidémiologie, d'évolution expérimentale et de modélisation.

L'analyse de la biodiversité globale des virus présents dans des agrosystèmes et dans des écosystèmes proches est conduite par des analyses de métagénomique. Les virus dont le génome est intégré à celui de la plante hôte posent des questions spécifiques sur les rôles de l'évolution des séquences virales intégrées et de celle des génomes viraux à l'origine des épidémies de Caulimoviridae (Banana streak viruses, Cacao swollen shoot virus). L'étude de l'évolution de ces virus permet de mieux comprendre les épidémies actuelles.

Les insectes vecteurs sont la cause de goulots d'étranglements qui ont un effet majeur sur l'évolution des populations virales. La vection fait ainsi l'objet de travaux de BGPI(Cauliflower mosaic virus, CaMV, et Geminiviridae). La recombinaison est un mécanisme majeur dans l'évolution de certaines familles virales. Son impact sur la virulence et la valeur sélective des virus font l’objet d'études (Geminiviridae).

Ces travaux permettent d’estimer le potentiel d’émergence de ces virus recombinants. L’évolution expérimentale est utilisée dans le cas du CaMV pour tester des modèles théoriques d’évolution. L'évolution des virus au cours d'épidémies naturelles est utilisée pour approfondir les analyses spatiotemporelles de maladies transmises par vecteur. L'étude de la biologie des populations de vecteurs et d'agents pathogènes, champignons (Magnaporthe grisea, Mycosphaerella fijensis) et bactéries (European stone fruit yellows), soumis à différentes pressions de sélection, espèce hôte, génotype résistant, fongicides, permet de mieux appréhender les mécanismes épidémiologiques et évolutifs et d'essayer d'en évaluer les limites, dans le but d'aboutir à l'identification d'agrosystèmes durables.




Date de la description : 01.10.2011


Directeur : Claire Neema

45  scientifiques

Site web de l'unité





Exemples de recherche de l'unité sur la thématique Biodiversité

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Mise à jour le 23/04/14


 




Extrait du site http://www.agropolis.fr/biodiversite/unite-recherche.php?numunite=21