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Compétences de recherche de Montpellier et
du Languedoc-Roussillondans le domaine de la biodiversité

"Biodiversité - Des sciences pour les humains et la nature"

Une philosophie de terrain au service de la biodiversité

5. Biodiversité et science citoyenne

5. Biodiversité et science citoyenne

La conservation de la biodiversité opère en contexte de double incertitude : une incertitude factuelle (Quel est l’état initial du milieu ? Quelles sont les conséquences probables de telle ou telle mesure ?) et une incertitude normative (Quelle biodiversité devons-nous protéger ? Pour quelles raisons faudrait-il le faire ?). La méthode expérimentale permet de faire face à l’incertitude factuelle. Elle s’attache à lever l’incertitude et, lorsque c’est impossible, à la prendre en compte en mettant en place un protocole de suivi des effets d’une mesure donnée afin de l’ajuster en fonction de l’adéquation de ses effets avec l’objectif de gestion initiale.

Mais qu’en est-il de l’incertitude normative ? Différentes valeurs entrent en jeu, et éventuellement en compétition, pour justifier la conservation de la biodiversité : intérêts des êtres humains présents ou à venir, droit des animaux, respect du vivant, valeur intrinsèque des espèces ou des processus évolutifs, etc. S’opposant à la dichotomie traditionnelle entre faits et valeurs, l’approche pragmatiste soutient que la frontière entre ce qui est et ce qui devrait être est bien plus poreuse que les philosophes occidentaux ne l’ont jusqu’à présent admis. Les valeurs ne seraient pas des entités abstraites qu’il convient de découvrir et d’organiser de façon rationnelle et universaliste, mais elles seraient des outils pratiques, dont se dotent les individus et les groupes sociaux pour faire face aux problèmes qu’ils rencontrent.

Ces valeurs pourraient alors être l’objet d’une investigation expérimentale, au même titre que les phénomènes écologiques. D’où l’idée d’une véritable philosophie de terrain, qui parte des représentations, des déclarations et des actions des acteurs engagés dans des problèmes concrets pour fonder « par le bas » un cadre normatif permettant d’éclairer les tensions que la conservation de la biodiversité ne manque pas de soulever, qu’il s’agisse de tensions internes (quelle biodiversité conserver ?) ou de tensions externes (quel équilibrage effectuer entre la conservation de la biodiversité et d’autres demandes sociales ?).

Contact(s) :
Virginie Maris, virginie.maris@cefe.cnrs.fr

Date de publication : 01/10/2010





 


 
 

Mise à jour le 2/04/14


 




Extrait du site http://www.agropolis.fr/biodiversite/exemple.php?id=84