PARTAGER / SAUVER

 

Compétences de recherche de Montpellier et
du Languedoc-Roussillondans le domaine de la biodiversité

"Biodiversité - Des sciences pour les humains et la nature"

L’histoire dogmatique de l’olivier revisitée

3. Sociétés et biodiversité

3. Sociétés et biodiversité

Olivier subspontané (région basaltique du Ledja, Syrie) - J.-P. Moussally © UNDP-GEF Les origines de la culture et de la domestication de l’olivier, arbre emblématique de la Méditerranée, a toujours été un sujet sensible et controversé. En Méditerranée occidentale, malgré l’indigénat incontestable de l’olivier et la mise au jour de nombreux restes biologiques en contexte archéologique (charbons de bois et noyaux) suggérant l’existence de son exploitation antérieure à l’Antiquité, la thèse classique situe en Palestine, au Chalcolithique de cette aire culturelle, au 4ème millénaire avant notre ère, son foyer originel de domestication. Depuis le Proche-Orient, s’ensuit une lente diffusion de formes domestiquées, de savoirs et de pratiques, d’abord vers l’Egée au 3ème millénaire puis vers la Méditerranée centrale et occidentale et finalement au cours du 1er millénaire avant notre ère en Gaule méridionale.

Aujourd’hui encore, cette histoire fait foi dans la littérature scientifique ou de vulgarisation, dans laquelle il est stipulé que les populations autochtones de Méditerranée nordoccidentale ne découvrirent l’olivier que lors de la création de comptoirs commerciaux ou la fondation de colonies. Or, des analyses quantitatives fondées sur l’anatomie et sur la structure géométrique, respectivement de charbons de bois et de noyaux archéologiques, par analogie à une vaste collection de référence d’échantillons actuels, ont permis de reconsidérer l’histoire dogmatique de sa domestication. En fait, les origines de la culture et de la domestication de l’olivier en Méditerranée occidentale remontent à environ 3 000 ans avant notre ère, soit deux milles ans avant l’introduction de nouvelles variétés provenant essentiellement de l’est de la Méditerranée.

Ces résultats, confortés par la biologie moléculaire, montrent également que la domestication de l’olivier a eu lieu indépendamment en de nombreuses régions et non pas en un seul et unique foyer proche-oriental. Ces nouvelles données ne remettent cependant pas en cause l’importance de l’influence des Phéniciens, Étrusques, Grecs et Romains, sur le rayonnement de l’olivier à en Méditerranée.

Contact(s) :
Jean-Frédéric Terral, terral@univ-montp2.fr
Claire Newton, claire.newton@nottingham.ac.uk

Date de publication : 01/10/2010





 


 
 

Mise à jour le 2/04/14


 




Extrait du site http://www.agropolis.fr/biodiversite/exemple.php?id=77