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Compétences de recherche de Montpellier et
du Languedoc-Roussillondans le domaine de la biodiversité

"Biodiversité - Des sciences pour les humains et la nature"

Quand l’évolution tend à maximiser la diversité et le fonctionnement des systèmes écologiques

2. Biodiversité fonctionnelle

2. Biodiversité fonctionnelle

P.Venail © UMR ISEM Des chercheurs du CNRS basés à l’UM2 (UMR ISEM, UMR ECOSYM) ont montré que l’évolution peut conduire à plus de diversité biologique et, surtout, à un meilleur fonctionnement des systèmes écologiques. Dans le contexte actuel de l’érosion de la biodiversité, ces résultats publiés dans la revue Nature (Venail P.A., MacLean R.C., Bouvier T., Brockhurst M.A., Hochberg M.E., Mouquet N. 2008. Functional Diversity and Productivity Peak at Intermediate Levels of Dispersal in Evolving Metacommunities. Nature.) soulignent l’importance de l’évolution comme force structurante des systèmes écologiques.

L’expérience s’est déroulée en laboratoire. Après avoir créé des microcosmes, constitués de plusieurs sources de carbone pour générer des environnements hétérogènes, les chercheurs ont suivi la diversification évolutive de la bactérie Pseudomonas fluorescens. Un clone unique de cette bactérie a été inoculé dans chaque microcosme (microplaque dont chaque « puits » contient une source de carbone différente), puis les bactéries ont été libres d’évoluer pendant plus de 500 générations. Les chercheurs ont aussi manipulé les déplacements des bactéries d’un puits à l’autre d’une même microplaque selon des niveaux bien définis. Au terme de l’expérience, les chercheurs ont montré que les dispersions intermédiaires ont permis d’évoluer vers une plus grande diversité bactérienne et une productivité écologique accrue.

L'érosion actuelle de la diversité biologique oblige tout à la fois de proposer une approche conceptuelle de l'organisation de la biodiversité, de comprendre ses relations avec le fonctionnement des écosystèmes et de prédire les éventuelles conséquences de son déclin. D’une manière générale, les travaux de ces chercheurs suggèrent que l'évolution peut conduire à une forte complexification des systèmes écologiques débouchant sur un meilleur fonctionnement. Ce processus est maximisé lorsque les ressources disponibles sont hétérogènes et les systèmes biologiques convenablement connectés ; des conditions qui ne correspondent pas à la tendance actuelle d'homogénéisation des écosystèmes par les activités humaines. À plus long terme, ces résultats suggèrent que cette homogénéisation risque de réduire la capacité future de diversification du vivant.

Contact(s) :
Nicolas Mouquet, nmouquet@univ-montp2.fr

Date de publication : 01/10/2010





 


 
 

Mise à jour le 2/04/14


 




Extrait du site http://www.agropolis.fr/biodiversite/exemple.php?id=63