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Définition

Le terme "biodiversité" est défini comme étant la diversité du vivant à toutes ses échelles d'organisation des gènes, des populations et communautés, des écosystèmes, et en y incluant les humains du fait de leurs intéractions avec toutes les composantes de la biodiversité.

[Source : Convention sur la diversité biologique]

Chiffres clés

Compétences de recherche à Montpellier et sa région dans le domaine de la biodiversité

26 unités de recherche

1200 scientifiques

580 doctorants

 

Dossier Agropolis

Téléchargez la version papier du dossier Agropolis "Biodiversité - Des sciences pour les humains et la nature" n° 13 (octobre 2010, 84 pages)
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Dossier Agropolis International Biodiversité

Coordinateur scientifique du dossier : Serge Morand (Cnrs)

Contact Agropolisss

Gestionnaire du portail :
Chantal Salson
Agropolis International
salson@agropolis.fr
Tél. : +33 (0)4 67 04 75 49

 

Compétences de recherche de Montpellier et du Languedoc-Roussillon dans le domaine de la biodiversité

"Biodiversité - Des sciences pour les humains et la nature"

3. Sociétés et biodiversité


Par
Jean-Michel Salles (UMR LAMETA)
& Bernard Moizo (UR Dynamiques socioenvironnementales et gouvernance
des ressources)

01.10.2010

L'intérêt des sciences humaines et sociales (SHS) pour la diversité du vivant est bien antérieur à l’invention du mot « biodiversité ». Mais avec les débats occasionnés par la préparation et l’analyse de la Convention sur la diversité biologique, la biodiversité est devenue l'un de leurs objets de recherche à part entière. Cette convention reconnait explicitement que la diversité des cultures humaines fait partie intégrante de la biodiversité et l’article 8J souligne le rôle central des "populations locales et autochtones" dans la gestion de la diversité naturelle. Cependant, l’intérêt des SHS pour la biodiversité ne se restreint pas à cette composante humaine et socioculturelle, mais englobe l’ensemble des relations entre biodiversité, sociétés et développement.

Plus récemment, l’importance sociétale de la biodiversité a été largement reconnue grâce au processus du Millenium Ecosystem Assessment (2001-2005) et à la clarification de la notion de services écosystémiques qui propose un cadre intégrateur pour analyser la valeur sociale des écosystèmes et de la biodiversité.
La caractérisation d’une vingtaine de services d’approvisionnement, de régulation, mais aussi « sociosymboliques et culturels », permet de disposer d’une typologie exhaustive des relations que les groupes sociaux entretiennent avec les écosystèmes et la biodiversité.

Trois niveaux d’analyse offrent des approches complémentaires :

  • l’étude des usages des écosystèmes et de la biodiversité, par les populations en interaction forte avec
    les milieux, mais aussi pour celles qui se pensent nondépendantes de ces services ;
  • identification, sans à priori, des valeurs, réelles, supposées ou discursives, que ces usages et, parfois, des "non-usages" revêtent pour des populations ;
  • l’analyse des politiques et stratégies publiques et privées qui contribuent avec plus ou moins d’efficacité à la conservation de la diversité naturelle.

Mosaïque romaine du haut empire (27 avant JC- 395 après JC), musée de Sousse, Tunisie- H. Farrugior© Ifremer

Mosaïque romaine du haut empire (27 avant JC- 395 après JC), musée de Sousse, Tunisie- H. Farrugior © Ifremer

Il semble évident que ces questions ouvrent sur des approches pluridisciplinaires : elles trouvent dans chaque cadre conceptuel des significations spécifiques et des instruments d’analyse dont la confrontation permettra de préciser la pertinence et les ramifications. Il faut également souligner qu’elles offrent un champ prometteur tant pour le déploiement de travaux académiques que pour des projets plus finalisés, ainsi que dans les économies industrielles et les pays en développement.Dans les pays du Sud, la valorisation des espèces, des écosystèmes et des processus écologiques, apparaît souvent comme une des conditions d’un développement économique et social durable. Une partie des recherches développées avec les partenaires du Sud porte sur les multiples et complexes formes d’interaction entre diversité biologique et pratiques sociales sur la nature. Revisiter les "savoirs locaux" à l’heure de la mondialisation, interroger la constitution de "patrimoines naturel" au Sud, comprendre les relations entre diversité génétique des plantes cultivées et fonctionnement des réseaux sociaux, évaluer les enjeux et la faisabilité du transfert au Sud d’instruments de valorisation des "produits de la biodiversité" (tels les indications géographiques, écolabels), rapprocher connectivité écologique et connectivités socioterritoriales au sujet des aires protégées, questionner l’origine politique des conflits autour de la biodiversité et aborder les questions de justice environnementale qui s’y rattachent… Autant de chantiers pour lesquels nos équipes ont apporté des approches novatrices et des connaissances originales.

Au fil des ans, la biodiversité est devenue un enjeu central des relations politiques internationales, les pays du "Sud" renvoyant souvent le "Nord" à ses responsabilités dans la crise de la biodiversité et posant la question du partage des bénéfices issus de la valorisation des richesses biologiques portées par leurs territoires ou demandant compensation pour les services rendus par la conservation. La mise au point d’accords sur les
systèmes de propriété, de protection et de valorisation des éléments de la biodiversité, constitue un enjeu majeur. Nous avons très largement investi ces questions, avec des études reconnues sur les marchés des ressources génétiques, les problèmes de bio-prospection ou les questions liées à l’accès et au partage des avantages, ou encore sur le rôle prépondérant des organisations non gouvernementales dans la gouvernance de la biodiversité.

Le défi majeur qui se pose à la recherche est de repenser l’évolution et la gestion de la biodiversité dans le cadre des urgences socio-environnementales du XXIème siècle. La vulnérabilité des sociétés et des territoires du(des) Sud(s) est directement corrélée aux relations complexes entre changement climatique, accaparement des ressources naturelles pour la sécurité alimentaire ou énergétique, mouvements migratoires, aggravation de la pauvreté des utilisateurs directs de la biodiversité, et la marginalisation croissante des populations minoritaires ou autochtones.

Ainsi, au sein des différentes équipes et organismes qui portent cet ensemble de travaux sur la diversité des relations sociétés/biodiversité, on trouve à Montpellier un large éventail de recherches, tant au niveau disciplinaire que thématique, dont celles qui suivent ne sont que l’esquisse d’un panorama varié, riche, large et en devenir.


Compétences de la communauté scientifique


  • Exemples de recherche
  • Unités et équipes de recherche impliquées

Quelle est la valeur sociale des insectes pollinisateurs ?

Abeille sur une fleur de cosmos - A. Beghey © Inra

Dans le cadre du programme ALARM (Assessing LArge-scale environmental Risks for biodiversity with tested Methods), des chercheurs du LAMETA et du Laboratoire Pollinisation & Écologie des Abeilles (...)



Conservation et protection de la biodiversité : aspects législatifs et réglementaires

De la difficulté d'échantilloner. Croatie, 2006 - D Coutinot© EBCL-USDA-ARS

Au titre du maintien de la diversité biologique et/ou de la protection des végétaux, le prélèvement, la détention, la circulation, l’importation et l’exportation d’organismes morts ou vifs sont généralement

 (...)



Concilier restauration de la diversité forestière et gestion durable de la ressource bois énergie en Afrique centrale : le projet Makala en République Démocratique du Congo

J.N. Marien © Cirad -Sélection de rejets d’essences locales très appréciées pour la fourniture de charbon de bois dans les espaces cultivés après exploitation forestière et culture sur brûlis (République Démocratique du Congo)

Contrairement à de nombreuses idées reçues, la dégradation des forêts d’Afrique centrale et la déforestation sont essentiellement liées à la pratique non maîtrisée de la culture sur brûlis, au développement (...)



Le Programme Eco-vallée de la Nam Khan

Déchargement des pirogues lors du passage des rapides. La croissance urbaine et l’ouverture de routes avec les pays voisins (Chine, Vietnam, Thaïlande), ont accru les demandes en ressources naturelles, ici de l’acajou (Toona cinensis) - B. Moizo © IRD

La démarche du programme « Eco-vallée de la Nam Khan » (Laos) repose sur la volonté de combiner une gestion concertée des ressources en eau, des usages des milieux aquatiques et terrestres de l’ensemble

 (...)



Célébrer la diversité du cacao

La sélection et la préparation des fèves de cacao jouent un rôle important dans l’expression des saveurs et arômes qui caractérisent le chocolat de qualité

La qualité du chocolat dépend en grande partie du produit de base, le cacao. La façon dont les producteurs récoltent les fèves joue également un rôle essentiel dans la formation de l’arôme et du goût ; (...)



Les aires protégées de Madagascar vues du ciel

Carte des changements obtenus pour la forêt entre 1986 et 2008 à partir des images SPOT (Parc National d’Andringitra et Réserve Spéciale du Pic d’Ivohibe). - L. Dadu © IRD

L’île continent de Madagascar figure parmi les 10 hotspots de la diversité biologique mondiale avec des écosystèmes (faune et flore) reconnus comme étant parmi les plus riches au monde. Actuellement, (...)



L’histoire dogmatique de l’olivier revisitée

Olivier subspontané (région basaltique du Ledja, Syrie) - J.-P. Moussally © UNDP-GEF

Les origines de la culture et de la domestication de l’olivier, arbre emblématique de la Méditerranée, a toujours été un sujet sensible et controversé. En Méditerranée occidentale, malgré l’indigénat incontestable (...)



 

Principales unités et équipes de recherche impliquées sur la thématique "Sociétés et biodiversité"

Nom de l'unité et lien vers le site web Organismes membres participants ou partenaires Nb. scientifiques Directeur Fiche descriptive
UMR LAMETA : Laboratoire montpelliérain d'économie théorique et appliquée CNRS, Inra, Montpellier SupAgro, UM 40 Jean-Michel Salles En savoir plus
UMR GRED : Gouvernance, Risque, Environnement, Développement
GRED réunit l’unité Dynamiques socio-environnementales et gouvernance des ressources (UR 199) et de l’équipe GESTER de l’université Montpellier 3. Site en construction
IRD, UPVM 45 Bernard Moizo En savoir plus
UMR TETIS : Territoires, environnement, télédétection et information spatiale AgroParisTech, Cirad, Irstea 73 Jean-Philippe Tonneau En savoir plus

Autres équipes concernées par la thématique "Sociétés et biodiversité"

Nom de l'unité et lien vers le site web Organismes membres participants ou partenaires Nb. scientifiques Directeur Fiche descriptive
UMR AMAP : Botanique et bio-informatique de l'architecture des plantes Cirad, CNRS, Inra, IRD,UM 60 Thierry Fourcaud En savoir plus
UMR CEFE : Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive CNRS, UM, UPVM, IRD, Montpellier Supagro, Inra 101 Richard Joffre En savoir plus
UMR MARBEC : Biodiversité marine et ses usages
Fusion de EME (Ecosystèmes marins exploités) , de ECOSYM (ECOlogie des Systèmes Marins côtiers), de la composante Ifremer d'Intrepid et du laboratoire environnement ressources Languedoc-roussillon (LER/LR) de l'Ifremer en janvier 2015.
CNRS, Ifremer, IRD, UM 80 Laurent Dagorn En savoir plus
UMR ESPACE-DEV : Espace pour le développement
ESPACE-DEV se compose de l’unité ESPACE (UR 140) à laquelle se sont joints des chercheurs des universités Antilles-Guyane, Montpellier 2 et de La Réunion. Son activité est centrée sur l’acquisition et le traitement d’observations, principalement spatiales.
IRD, UM, UPVD 38 Frédérique Seyler En savoir plus
UMR ISE-M : Institut des sciences de l'évolution de Montpellier
Désormais UMR 226, ISE-M a été rejointe par CAVIAR (UR175). Le CBAE a rejoint l'ISE-M en janvier 2015, ainsi que la composante Cirad d'Intrepid.
Cirad, CNRS, IRD, UM 166 Agnès Mignot En savoir plus
UPR B-AMR : Bioagresseurs : analyse et maîtrise du risque
Regroupe l'UPR Maîtrise des bioagresseurs des cultures pérennes et l'UPR Ecologie et maîtrise des populations d'acridiens
Cirad 21 Christian Cilas En savoir plus
UPR AGIRs : Animal et gestion intégrée des risques Cirad 27 François Roger En savoir plus
UR ENTROPIE : Ecologie marine tropicale des océans Pacifique et Indien
ENTROPIE est une UMR issue du rapprochement des unités CoReUs- Biocomplexité des écosystèmes coralliens de l’Indo-Pacifique (IRD) et ECOMAR (Université de La Réunion et CNRS).
IRD, CNRS 25 Claude Payri En savoir plus
UPR GREEN : Gestion des ressources renouvelables et environnement Cirad 20 Aurélie Botta En savoir plus
UPR : Forêts et sociétés Cirad 45 Plinio Sist En savoir plus
UMR CEFE : Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive CNRS, UM, UPVM, IRD, Montpellier Supagro, Inra 101 Richard Joffre En savoir plus
UMR MARBEC : Biodiversité marine et ses usages
Fusion de EME (Ecosystèmes marins exploités) , de ECOSYM (ECOlogie des Systèmes Marins côtiers), de la composante Ifremer d'Intrepid et du laboratoire environnement ressources Languedoc-roussillon (LER/LR) de l'Ifremer en janvier 2015.
CNRS, Ifremer, IRD, UM 41 Laurent Dagorn En savoir plus

Autres structures concernées

Nom de la structure et lien vers le site web Organismes membres participants ou partenaires Directeur Fiche descriptive
Bioversity International CGIAR Stephan Weise En savoir plus
Tour du Valat Fondation Tour du Valat Jean Jalbert En savoir plus

 

 

Voir aussi...

1. Origine et évolution de la biodiversité2. Biodiversité fonctionnelle3. Sociétés et biodiversité4. Modéliser, scénariser la biodiversité5. La biodiversité, une science citoyenneUnités de recherche, formations et sélection de ressources

 

 

 


 
 

Mise à jour le 20/07/15

 


 




Extrait du site http://www.agropolis.fr/biodiversite/ch3-societes-et-biodiversite.php