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Compétences de recherche de Montpellier et de sa région dans le domaine de l'agronomie

Agronomie - Plantes cultivées et systèmes de culture

Mots-clés :

Effets des arbres d’ombrage sur les bioagresseurs du caféier Arabica

3. Réguler les populations de bioagresseurs et optimiser l'usage des produits phytosanitaires

3. Réguler les populations de bioagresseurs et optimiser l'usage des produits phytosanitaires

Caféière en plein ensoleillement ravagée par la rouille en Papouasie Nouvelle- J. Avelino © Cirad Le caféier Arabica (Coffea arabica) peut être cultivé en monoculture, généralement dans des systèmes intensifs. Il est le plus souvent cultivé sous ombrage dans des systèmes agroforestiers qui vont de la simple association de deux espèces ligneuses aux systèmes complexes proches des écosystèmes naturels. La vulnérabilité des systèmes ultivés modernes, notamment vis-à-vis des bioagresseurs, a été en partie attribuée à l’appauvrissement de la biodiversité. Les travaux réalisés montrent comment la caféiculture sous ombrage permet de mieux lutter contre les bioagresseurs.

Les arbres d’ombrage modifient le microclimat et la qualité du sol des caféières. Ces modifications peuvent altérer le développement des bioagresseurs par des effets directs sur leur cycle de vie, ou indirects via les mécanismes de défense du caféier et la stimulation des chaînes trophiques. Mais la culture sous ombrage n’entraîne pas toujours de moindres risques parasitaires. Les effets varient en fonction des organismes et de leurs besoins. Ainsi, des modifications du microclimat défavorables au développement de l’anthracnose des baies (Colletotrichum kahawae) peuvent être au contraire favorables au développement de la maladie de la tache américaine (Mycena citricolor) et à celui du scolyte (Hypothenemus hampei). Des effets opposés sont aussi trouvés pour un même organisme à différentes étapes de son cycle de vie. Les arbres d’ombrage tendent ainsi à réduire la charge fruitière des caféiers et diminuent par ce biais leur réceptivité à la rouille orangée (Hemileia vastatrix) mais en même temps créent des conditions d’humectation et de température des feuilles favorables à la germination et à la pénétration du champignon. La gestion des arbres d’ombrage, en vue de lutter contre les bioagresseurs, doit donc être pensée en fonction de l’ensemble des organismes nuisibles présents, en recherchant le point d’ombrage d’équilibre qui permette, dans les environnements considérés, de stimuler les mécanismes écologiques de lutte d’intérêt tout en minimisant d’éventuels effets négatifs.

Contact(s) :
Jacques Avelino, jacques.avelino@cirad.fr

Date de publication : 30/05/2010

Illustrations

Caféière sous ombrage au Costa Rica : l’ombrage réduit les risques liés à la rouille. <br> J. Avelino © Cirad




 


 
 

Mise à jour le 18/08/17


 




Extrait du site http://www.agropolis.fr/agronomie/exemple.php?id=22