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Compétences de recherche de Montpellier et du Languedoc-Roussillon

dans le domaine des agricultures familiales

Mots-clés : normalisation, production durable, certification, filières, ONG, petites producteurs,

Les normes et l’agriculture familiale

4. Accompagnement, politiques publiques

4. Accompagnement, politiques publiques

Multiplication des standards durables volontaires La demande pour des produits respectant des critères de production durable a conduit à un fort développement des standards volontaires portant sur de « bonnes pratiques » environnementales et sociales. L’agriculture familiale est-elle en capacité de bénéficier de ces dispositifs ?

Deux projets de recherche sur les standards volontaires internationaux dans lesquels l’UMR Moisa est impliquée — projet européen NTM impact (2009-2011) et projet ANR Prigoue (2011-2014) — montrent globalement la difficile inclusion des agriculteurs familiaux dans ces filières certifiées. Dans l’incapacité de s’adapter aux niveaux d’exigence en capital physique et humain requis, ils profitent peu de la labellisation. Ceci s’explique également par leur faible participation dans la définition de ces normes (ex. des tables rondes multi-acteurs pour le soja et pour l’huile de palme durable). L’hégémonie de ces normes et l’accès différencié à la signalisation de la qualité génèrent des iniquités entre producteurs (par exemple, exclusion des filières d’exportation certifiées GlobalGap des petits producteurs de mangues au Pérou, ou encore hétérogénéité des impacts entre producteurs de litchis certifiés GlobalGap à Madagascar).

La diffusion et l’adoption de ces normes privées par les petits producteurs relèvent souvent de l’assistance des organisations non gouvernementales (ONG), bailleurs de fond ou industriels eux-mêmes, révélant un problème de pérennisation de la certification pour l’agriculture familiale. Sont ainsi observées, par exemple, la perte de la certification de nombreux producteurs malgaches de litchis suite, notamment, au départ des bailleurs de fond, l’omniprésence des chocolatiers dans l’organisation de la certification Rainforest Alliance du cacao ivoirien ou encore la discontinuité dans la certification forestière Forest Stewardship Council des communautés en Amazonie suite à la mal-adaptation entre l’appui des ONG et celui des institutions publiques locales.

Finalement, c’est au travers de l’organisation collective que l’agriculture familiale devrait accéder aux bénéfices de la certification par l’adoption de standards plus appropriés aux réalités et aux pratiques locales (ex. du riz biologique au Laos), et en adoptant des modes de certification moins coûteux (ex. de la certification participative en Amérique latine).

Sylvaine Lemeilleur, sylvaine.lemeilleur@cirad.fr

Date de publication : 01/01/2014





 


 
 

Mise à jour le 11/02/15


 




Extrait du site http://www.agropolis.fr/agriculture-familiale/exemple.php?id=127