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Compétences de recherche de Montpellier et du Languedoc-Roussillon

dans le domaine des agricultures familiales

Mots-clés : Afrique, Asie, Egypte, Vietnam, maladie animale, grippe aviaire

Efficacité et acceptabilité du contrôle des maladies animales par les éleveurs familiaux : la grippe aviaire au Vietnam et en Égypte

4. Accompagnement, politiques publiques

4. Accompagnement, politiques publiques

Phan Dang Thang © Cirad - Vaccination d’un élevage de canard, Province de LongAn, Vietnam L’influenza aviaire hautement pathogène de type H5N1 est endémique dans plusieurs pays (Chine, Bangladesh, Indonésie, Égypte, Vietnam), avec des conséquences socioéconomiques importantes. Les gouvernements vietnamien et égyptien ont mis en place une vaccination de masse obligatoire contre cette maladie par le biais de campagnes bisannuelles de vaccination des volailles villageoises issues de l’élevage familial (de 2005 à 2010 au Vietnam, de 2007 à 2009 en Égypte). La vaccination des volailles commerciales (en partie issues de l’élevage familial) est sous la responsabilité du secteur privé avec une efficacité contrastée selon les pays et types de production.

Les études menées par l’UPR AGIRs ont mis en évidence l’importance de facteurs sociaux, culturels et économiques, pour l’acceptation des mesures de contrôle par la communauté. En Égypte, les élevages familiaux (villageois ou commerciaux) ne pratiquent pas la vaccination en raison, entre autres, d’une confiance limitée dans les pratiques du gouvernement, d’un manque d’information, etc. Au Vietnam, cette vaccination semble mieux acceptée, mais avec des variations géographiques importantes dues à une administration décentralisée, à des problèmes d’accessibilité et à une gestion locale du risque par les petits éleveurs, réduisant le bénéfice économique qu’il s peuvent retirer de la vaccination.

L’évaluation économique des programmes de santé est un argument majeur dans la définition des stratégies de contrôle à l’échelle nationale. Or les priorités économiques des éleveurs familiaux diffèrent de celles au niveau national. De plus, l’efficacité de ces programmes repose sur l’acceptabilité par les éleveurs de mettre en œuvre les mesures et de rapporter les cas. Les méthodes d’évaluation actuelles ne prennent pas en compte ces aspects et reposent sur des données nationales de surveillance dont la qualité et la fiabilité sont souvent discutables. Les méthodes d’évaluation des programmes de contrôle doivent faire appel à des approches participatives et interdisciplinaires pour appréhender ces contraintes dans leur globalité et impliquer les éleveurs familiaux dans les processus de décision. En Égypte, la vaccination de masse des volailles villageoises a été arrêtée suite à ces études d’efficacité menées auprès des éleveurs familiaux.

Marisa Peyre, marisa.peyre@cirad.fr

Date de publication : 01/01/2014





 


 
 

Mise à jour le 11/02/15


 




Extrait du site http://www.agropolis.fr/agriculture-familiale/exemple.php?id=125