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Ce dossier d'Agropolis International est labellisé dans le cadre de la programmation par l'Organisation des Nations Unies

2014, Année internationale de l'agriculture familiale

Chiffres clés

Compétences de recherche à Montpellier et sa région
dans le domaine des
agricultures familiales

21 unités de recherche

1000 chercheurs pour répondre
aux enjeux posés par le modèle
des agricultures familiales,
en France et dans le monde

 

Dossier Agropolis

Téléchargez la version papier du dossier Agropolis "Agricultures familiales" n° 19 février 2014, 63 pages)
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Dossier Agropolis Agricultures familiales 2014

Coordinateur scientifique du dossier :
Jean-Michel Sourisseau (Cirad)

Contacts Agropoliss

Sylvie Albert

Mélanie Broin
broin@agropolis.fr
Tél. : +33 (0)4 67 04 75 06

Version électronique
Chantal Salson, salson@agropolis.fr

 

Compétences de recherche de Montpellier et du Languedoc-Roussillon

dans le domaine des agricultures familiales

Les agricultures familiales : des enjeux de développement, des perspectives de recherche

Auteurs de l'avant propos :
Jean-Michel Sourisseau
UMR Art-Dev
Pierre-Marie Bosc
UMR Moisa
& Michel Dulcire
UMR Innovation

Date de publication : 01/01/2014

Les agricultures du monde, dans toute leur diversité, n’échapperont pas à une rénovation de leurs modèles et pratiques. Malgré une médiatisation parfois alarmiste, le constat est désormais connu :
il va falloir produire plus pour nourrir des hommes toujours plus nombreux, et dès lors plus urbains que ruraux.
Qui plus est, il va falloir produire mieux ; les agricultures ont des impacts environnementaux insoutenables, avec des conséquences parfois dramatiques sur la santé humaine et sur les équilibres de l’ensemble des écosystèmes.
Il va falloir enfin faire ces deux révolutions quantitative et qualitative en réduisant les inégalités et asymétries de production et de productivité qui se creusent entre les agriculteurs du monde, et en fournissant davantage d’emplois au lieu de réduire le nombre des actifs agricoles.

Les trajectoires de changement observables et globalement promues aujourd’hui dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques tendent plutôt à la concentration foncière, à la financiarisation de la production et à la poursuite de son intensification par l’artificialisation et la normalisation des systèmes de production et, plus largement, des systèmes alimentaires. Mais peut-on pallier les limites de la modernisation conventionnelle à base d’énergie fossile, reposant sur les gains de productivité du travail et héritée des révolutions agricoles au Nord et de la révolution verte, en poussant plus loin encore l’industrialisation et la professionnalisation de l’agriculture ? On est en droit d’en douter.

Culture de la pomme de terre, Equateur - O. Dangles © IRD

Culture de la pomme de terre, Equateur - O. Dangles © IRD Les agricultures familiales, définies principalement par le recours quasi-exclusif à du travail familial et par des interrelations fortes entre chaque famille d’agriculteurs et son exploitation agricole, semblent pouvoir proposer des alternatives crédibles.

Cette forme de production fait d’abord preuve de résistance. Alors que sa disparition est régulièrement annoncée, elle fait vivre 2,6 milliards de personnes et offre du travail à 40 % de la population active mondiale ; des hommes et des femmes continuent de cultiver et d’aménager des espaces dont la productivité supposée n’intéresse pas les autres formes de production ; ses réponses, basées sur la valorisation de ressources des écosystèmes naturels et de savoir-faire anciens et évolutifs, permettent toujours de nourrir une part importante de l’humanité.

Les agricultures familiales résistent dans la diversité et ne sont pas nécessairement petites, pauvres et arriérées, surtout si l’on apprécie leurs performances par rapport aux défis actuels et à leur caractère multidimensionnel. Elles semblent en effet potentiellement capables de créer de la richesse, d’assurer la sécurité alimentaire, de gérer durablement les ressources naturelles, de procurer des emplois, de réduire certaines inégalités, de contribuer à la transition énergétique et de maîtriser des risques sanitaires émergents et globalisés.

Pour autant, leurs qualités intrinsèques n’offrent pas toutes les garanties de durabilité et leurs réponses aux chocs de diverses natures qu’elles subissent peuvent aussi s’avérer préjudiciables aux équilibres écologiques et sociaux. Par ailleurs, leur mise en concurrence non régulée avec l’agro-industrie les rend indéniablement vulnérables. Pour relever les défis de la planète et répondre à l’exigence d’un renouvellement des modèles agricoles, les agricultures familiales ont donc besoin d’innovations techniques et organisationnelles, mais aussi d’accompagnement par des politiques publiques adaptées.

Ainsi la recherche agronomique, dans sa participation aux débats sur les futurs agricoles possibles, se doit de documenter ce que sont les agricultures familiales, en caractérisant leurs atouts et leurs faiblesses, en mesurant et en comparant leur poids démographique, leurs performances économique, agronomique, environnementale et sociale, ainsi que leur reproductibilité.

Elle doit aussi évaluer les politiques publiques susceptibles d’améliorer ces performances, voire faciliter l’émergence de nouvelles approches et méthodes d’appui.

De façon explicite ou non, de nombreuses unités de recherche de la communauté scientifique d’Agropolis participent, dans le cadre de partenariats multiples avec l’enseignement supérieur de la région Languedoc-Roussillon, à ce vaste chantier. Leurs productions comme leurs orientations actuelles témoignent d’un intérêt renouvelé sur la durée pour cet objet de recherche multiforme que sont les agricultures familiales. Le présent dossier donne un aperçu synthétique mais complet de la diversité, de l’originalité et des promesses de ces actions de recherche, conduites le plus souvent en partenariat avec les pays des Suds. Certaines de ces recherches ont les agricultures familiales comme objet central d’étude, d’autres développent des innovations avec et pour elles, en valorisant la construction conjointe des savoirs par des actions participatives. Travaillant sur, pour et avec les agricultures familiales et leurs organisations représentatives, une communauté de recherche existe bel et bien, dont les efforts seront mis en lumière et en synergie, en cette année 2014 que les Nations Unies ont décidé de dédier à l’agriculture familiale.




 
 

Mise à jour le 28/01/15


 




Extrait du site http://www.agropolis.fr/agriculture-familiale/agricultures-familiales-enjeux-et-perspectives.php