Professeur André Charrier
Montpellier SupAgro
hacharrier@orange.fr
Professeur Jean-Pierre Bali
UM1
jp.bali@orange.fr
La Filiale Montpellier Languedoc-Roussillon de la
Société de Biologie remettra les Prix des Jeunes
Docteurs 2011 le 29 février 2012
Date : 29 février 2012 à partir de 17 h
Lieu : Montpellier, Unité Pédagogique Médicale, UPM-IURC, 641 avenue du Doyen Gaston Giraud (à côté de l’Hôpital Arnaud de Villeneuve).
Ces Prix viennent récompenser les lauréats des deux Ecoles Doctorales CBS-2 et SIBAGHE des Universités Montpellier 1 et 2. Les thèses primées ont été sélectionnées parmi les thèses candidates soutenues en 2009-2010-2011 au sein de ces Ecoles Doctorales.
Le jury sera présidé par le Professeur Jacques Mercier, Président de la Société de Biologie et Vice Président de l’Université Montpellier 1.
Six lauréats ont été ainsi choisis :
- Melles Pauline BARTHES, Emilie BLANCHET et M. Guillaume VALENTIN pour l’ED CBS-2
- M. Hassane ELHADJI ADAKAL, Melle Delphine RENARD et M. Thomas WIDIEZ pour l’ED SIBAGHE.
Les six nominés présenteront l’essentiel de leurs travaux lors de cette séance.
A l’issue de cette remise de Prix, M. Joël Bockaert, Membre de l’Académie des Sciences, Professeur à l’UM1, Ex-Directeur de l’Institut de Génomique Fonctionnelle de Montpellier, donnera une conférence sur le thème :

Les récepteurs couplés aux protéines G (RCPGs), des molécules pour « bien » vivre.
Bockaert J ; CNRS, UMR5203, Montpellier, INSERM, U661, Université Montpellier I, Institut de Génomique Fonctionnelle, Département de Neurobiologie, 141 Rue de la Cardonille, Montpellier F-34094 Cedex 5, France.
© Nicolas Floquet, UM1
Parmi les familles de protéines identifiées dans les génomes des invertébrés et vertébrés, les récepteurs couplés aux protéines G (RCPGs) sont sans aucun doute les plus versatiles. Leur adaptation, à partir d’un gène ancestral, a permis la génération d’un grand nombre de protéines différentes, responsables de la reconnaissance et de l’action de ligands aussi divers que la lumière, des odeurs, des phéromones, des molécules gustatives, des nucléotides, des nucléosides, des acides aminés et leurs dérivés, des acides gras et des lipides, des acides biliaires, des peptides, des protéines et beaucoup d’autres restant à découvrir. A quelle époque ces événements ont-ils commencés ? Vers 1,2 milliards d’année avec des récepteurs du glutamate et du cyclic AMP. La présence même faible de GPCRs dans le monde végétal (élément du récepteur de l’acide abscissique) chez les algues rouges et les paramécies indique que leur expansion est relativement récente même si le gène ancestral est antérieur à la séparation des règnes végétaux et animaux. Chez l’homme, les récepteurs aux odeurs représentent 500 entités et les « endo-RCPGs » (récepteurs ayant un ligand endogène, hormone, neurotransmetteurs, acide gras, …) 360 entités, soit au total environ 3. 3 % des protéines du génome humain. Au cours de l’évolution des êtres pluricellulaires, il est clair que la communication intercellulaire tient une place prépondérante. Parmi celles-ci, les récepteurs et les canaux représentent 8% du génome.
Le rappel de ces données explique pourquoi tous les domaines de la physiologie et de la médecine sont intéressés par la connaissance des RCPGs. Il y a aussi une autre raison qui explique cet intérêt : la présence de 150 récepteurs orphelins parmi les 360 « endo-RCPGs ». Une véritable chasse à la découverte des ligands endogènes (hormones, neurotransmetteurs, facteurs de survie ou de croissance…) est en cours au sein des laboratoires académiques et pharmaceutiques. En effet, la découverte de ces ligands ouvre la porte à la découverte de nouvelles fonctions et/ou régulations physiologiques, mais aussi à la recherche de médicaments agissant sur ces récepteurs orphelins. Ces espoirs sont d’autant plus légitimes que les RCPGs sont la cible de plus de 30% des médicaments agissant dans des domaines très variés de la pathologie humaine : douleur (morphine), cognition (anti-psychotiques dopaminergiques ou sérotoninergiques), hypertension (antagonistes des récepteurs de angiotensine II), ulcères gastriques (antagonistes des récepteurs histamine H3), asthme (agonistes ß2 adrénergiques) et bien d’autres comme la sclérose en plaque (mise sur le marché récente d’un agoniste des récepteurs de la sphingosine 1 phosphate, le fingolimod).
Bien vivre c’est pouvoir avoir une pleine appréciation de l’environnement, les GPCRs sont les récepteurs qui nous faut pour voir, sentir, goûter…pour avoir du plaisir en ce monde, pour nous reproduire (phérormones, hormones) mais aussi aimer, avoir de l’empathie ..), pour avoir moins de douleur physiques ou morales, pour avoir un milieu intérieur harmonieux (pression sanguine stable, bonne hydradation, contrôle de la respiration et de la glycémie de la calcémie etc..)…du beau bricolage évolutif.
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Mis en ligne le 14/2/12
Contacts :
Professeur André Charrier, Montpellier SupAgro
hacharrier@orange.fr
Professeur Jean-Pierre Bali, UM1
jp.bali@orange.fr
Extrait du site http://www.agropolis.fr/actualites/2012-remise-prix-societe-de-biologie.php

