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Vincent Lebot
département BIOS du Cirad
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Lancement du projet international Végé-Culture
"Systèmes complexes à base de plantes à multiplication végétative en zone tropicale humide"

 

mis en ligne le 07.02.11

Projet coordonné par le département BIOS (Systèmes biologiques) du Cirad et financé par l’ANR (Programme Systerra) pour une durée de 4 ans à hauteur de 630 000€ …

 

Végéculture réunit 6 équipes de recherche, dont 1 internationale :

Département BIOS du Cirad
UMR DIADE (Diversité et Adaptation et Développement des plantes), Montpellier
IRD DSEGR, Montpellier (unité intégrée depuis le 1er janvier 2011 au sein de l’UMR GREDE « Gouvernance, Risque, Environnement, Développement, Dynamiques sociétales et gestion des territoires)
Laboratoire EcoMic, Villeurbanne
Centre de recherche et de documentation sur l’Océanie, Marseille
Centre Technique de Recherche Agricole du Vanouatou (CTRAV)

Contexte

En zone tropicale humide (ZTH), les systèmes agroforestiers associent arboriculture et végéculture (à base de plantes à multiplication végétative). La parcelle n’est jamais labourée et les plantes sont manipulées individuellement au sein de nombreuses associations intra- et inter-spécifiques. Ces systèmes de culture (SdC) connaissent désormais une réduction du temps de jachère du fait des pressions anthropiques ou de l’établissement de plantations pérennes de rente (Ppr: cacaoyers, cocotiers, palmiers, hévéas, caféiers), fortement favorisées par les politiques agricoles et les bailleurs de fonds. Installée après abattis-brûlis, la végéculture est considérée comme archaïque mais lorsqu'elle est traduite en termes de production de matière sèche par unité de surface et de temps, sa performance paraît supérieure aux Ppr. La végéculture est responsable de la riche agrobiodiversité encore exploitée. La domestication des plantes, la sélection des cultivars et la manipulation du matériel végétal sont étroitement combinées. La végéculture pourrait être optimisée et recommandée pour répondre aux rapides changements environnementaux. Ses performances doivent cependant être mesurées pour démontrer ses intérêts agronomique, nutritionnel, écologique et économique et pour les comparer aux Ppr dont les revenus sont utilisés pour acheter de la nourriture importée, fragilisant ainsi la sécurité alimentaire et la santé des populations.

Actuellement, les méthodes de mesure de ces SdC sont issues de l’écologie et utilisent des indices qui font appel à des comptages spécifiques réalisés au temps t. Ces indices ne tiennent pas compte de la durée des SdC qui elle-même dépend de la diversité des espèces installées. Ils mesurent la richesse spécifique utile mais n’intègrent pas la diversité intraspécifique ni son évolution au cours du temps. Quantifier ces SdC rejoint aussi des questions relatives à la diversité culturelle et à l’alimentation des hommes, que ce soit en termes quantitatifs, de sécurité et souveraineté alimentaires, ou en termes qualitatifs et nutritionnels. Les grandes plantes de civilisation issues des systèmes végécoles agroforestiers (ignames, taros, bananiers…) ont permis le développement de fortes densités humaines dans des environnements parfois ingrats. La place de ces plantes est de nos jours mise à mal par les céréales importées abondamment produites, facilement transformées et transportées, et dont la consommation vient influencer les zones les plus reculées du globe. Toutefois, si on observe que l’érosion génétique des plantes alimentaires résulte plus souvent d’une érosion culturelle des hommes, on ne sait toujours pas les quantifier.

Objectifs

Ce projet vise à développer une méthodologie intégrative combinant des données issues de la géographie, l’agro-écologie, de la biochimie, de la génétique, et de la socio-économie à différentes échelles spatiales et temporelles pour quantifier les SdC agroforestiers tropicaux et pour comparer leurs performances à celles de Ppr, permettant ainsi de meilleurs politiques agricoles.

L’approche interdisciplinaire et intégrative est mise en œuvre par la participation de chercheurs de différentes disciplines (géographie, agro-écologie, biochimie, génétique, et socio-économie) sur des terrains et des objets communs.
Les recherches sont menées en zone tropicale humide dans les mêmes parcelles de culture. Six villages (10 ménages et 50 parcelles par village) sont étudiés au Vanouatou. Trois villages sont situés en zone de faible pression anthropique et trois en zone de haute pression.

Les performances sont mesurées et mises en relation avec les stratégies paysannes puis analysées en établissant des corrélations entre les facteurs agro-écologiques, génétiques et nutritionnels.




 
 

Mis en ligne le 26/4/11


Contact :

Vincent Lebot
lebot@vanuatu.com.vu




Extrait du site http://www.agropolis.fr/actualites/2011-programme-Systerra-vegeculture.php